Résidentiel

​Maison connectée et interopérabilité : interview de Sébastien Perrissoud

Sébastien Perrissoud est directeur technique chez HexaomSébastien Perrissoud est responsable technique chez Hexaom, le plus ancien constructeur français de maisons individuelles. Il y est en charge de l’innovation produit et de la Smart Home. Il a accepté de répondre aux questions de Schneider Electric pour donner son avis d’expert sur la question de l’interopérabilité. 

Voyez-vous l’interopérabilité comme un axe de développement fort de la maison connectée ?

Quand on parle d’interopérabilité, on rentre déjà dans un discours d’expert. Ni le grand public ni nos clients ne connaissent la définition de l’interopérabilité, tout comme celle des protocoles de communication.

Pour nous professionnels, l’interopérabilité c’est surtout synonyme de simplicité d’installation des produits, mais également de pouvoir les pré-appairer pour apporter à nos clients une solution clef en main. Mais je pense que le débat se joue plutôt du côté du protocole de communication unique. Deux produits qui communiquent en Cloud to Cloud sont déjà considérés comme interopérables.

Quelles évolutions avez-vous constatées dans le domaine des protocoles de communication unique ?

Ces dernières années et même derniers mois, on commence à voir une convergence des acteurs de la Smart Home sur un protocole de communication unique, le ZigBee 3. Ce protocole est très important pour nous en termes d’appairage des produits et de paramétrage de nos maisons.

Pour faire communiquer des produits interopérables, on a deux méthodes. On communique soit en protocole direct, soit en Cloud to Cloud.

Le problème du Cloud to Cloud, du point de vue du chantier, c’est que cela nécessite la création d’un compte client. Le paramétrage ne peut donc se faire qu’avec le client.

Dans le meilleur des mondes, il faudrait qu’à la mise en route des produits, ils parlent le même langage de façon à ce qu’ils puissent se reconnaître instantanément.

Pour vous le développement de la maison connectée tient donc à une unification des protocoles de communications ?

En fait, l’idéal serait du Plug & Play. On démarre le produit et il se connecte. Mais la réalité c’est que si vous prenez trois ou quatre produits, ils vont avoir chacun leur façon de s’appairer et bien sûr, personne n’aime passer son temps le nez dans les notices.

Gros plan d'une mère et de sa fille utilisant une tablette numérique

Les électriciens et intégrateurs ont un rôle important à jouer dans l’avènement et le développement des solutions connectées. Comment voyez-vous ce rôle évoluer ? 

Il y a une montée en compétence qui doit être faite au niveau des électriciens. Plusieurs circuits existent.

Soit on travaille avec des pieuvristes intégrés, qui fonctionnent comme des pieuvres électriques et qui ont déjà une équipe d’électriciens en interne. Leur équipe s’occupera donc aussi de l’installation.

Second cas de figure, des pieuvristes vendent la pieuvre à un électricien indépendant, qui s’occupe de la pose.

Le dernier cas, c’est la méthode dite « traditionnelle » où seul l’électricien intervient.

De mon point de vue, les plus formés restent les pieuvristes. Ils sont capables de faire du pré-appairage en usine et ils encadrent les électriciens pour qu’ils n’aient pas d’autres programmations à faire sur le chantier.

La réalité c’est que peu d’électriciens sont munis d’une clé 4G à ce jour. Alors que c’est la base du métier.


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