Bertrand Deprez – Le blog de Schneider Electric France https://blog.se.com/fr Le spécialiste mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes Wed, 22 Sep 2021 07:37:24 +0000 fr-FR hourly 1 Le Pacte vert : une révolution industrielle face à une échéance https://blog.se.com/fr/gestion-de-lenergie/2021/09/13/le-pacte-vert-une-revolution-industrielle-face-a-une-echeance/ https://blog.se.com/fr/gestion-de-lenergie/2021/09/13/le-pacte-vert-une-revolution-industrielle-face-a-une-echeance/#respond Mon, 13 Sep 2021 13:50:15 +0000 https://blog.se.com/fr/?p=5813 Le pacte vert pour l’Europe devra favoriser des changements majeurs dans la structure industrielle européenne. Passer d’une économie brune à une économie verte sera une transformation socio-économique majeure et historique.... Lire la suite »

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Le pacte vert pour l’Europe devra favoriser des changements majeurs dans la structure industrielle européenne. Passer d’une économie brune à une économie verte sera une transformation socio-économique majeure et historique.

Ce n’est pas un hasard si ce défi est souvent qualifié de « révolution industrielle face à une échéance », comme l’a déclaré le groupe de réflexion européen Bruegel. Dans ce contexte, la prochaine stratégie industrielle, qui sera présentée par la Commission européenne à la fin du mois d’avril, est de la plus haute importance.

La question fondamentale pour l’Europe est que sa puissance économique souffre de la combinaison de deux facteurs. Le premier facteur est un déclin industriel relatif par rapport au reste du monde (la part de la production manufacturière représente aujourd’hui moins de 15 % du PIB de l’Union Européenne, contre 20 % il y a 30 ans).
Le deuxième, selon le McKinsey Global Institute, est que l’« Europe était le moteur mondial de l’innovation, mais elle a largement perdu son avantage ».

Selon les données, l’Europe a été comparativement lente dans son adaptation à la transformation digitale de l’économie mondiale. Fin 2017, seulement 24 % des entreprises avaient adopté l’analyse des Big Data, 16 % avaient intégré la robotique et les machines automatisées, et seulement 5 % d’entre elles travaillaient avec l’intelligence artificielle ou l’impression 3D (rapport du European Policy Strategy Center). Alors qu’en 2001, 5 des 10 premiers fabricants de cellules solaires provenaient d’Europe, depuis 2018, il n’y en a plus aucun.

La fragmentation est au cœur des problèmes de l’Europe ; on retrouve une multitude d’initiatives de politiques industrielles vertes entreprises aux niveaux régional, national et européen. Ces initiatives ne sont généralement pas coordonnées et peuvent même entrer en conflit. Une politique industrielle verte, intelligente, ciblée et harmonisée dans toute l’Europe, aiderait à stabiliser l’industrie européenne. Elle permettrait également de placer l’Europe en leader technologique en termes de procédés et de produits neutres en carbone.

L’Europe a de nombreux atouts qui contribueraient à l’établissement d’une position de leader dans les domaines de l’environnement et de la transition énergétique : l’expertise de sa base d’ingénierie, des financements importants et une volonté politique claire de conduire le changement. L’Europe abrite encore de nombreux leaders mondiaux dans le domaine des technologies vertes (fabricants de turbines, secteurs de l’électricité, gestion de l’énergie, économie circulaire, industrie automobile, etc.).

Les gouvernements européens augmentent également rapidement leur niveau de soutien. La combinaison d’incitations fiscales fortes (le « Pacte vert » de l’Union Européenne) et des programmes de soutien financier (le plan de relance de l’Union Européenne, 37 % des 750 milliards d’euros disponibles pour alimenter le « Pacte vert ») peut faire la différence. Par exemple, l’Europe augmente ses investissements dans la production de batteries : plus de 30 gigafactories sont prévues d’ici 2030 et d’autres devraient être annoncées. Mais c’est encore loin de l’objectif chinois : environ 140 gigafactories.

La révolution verte est une tâche gigantesque et extrêmement capitalistique. Selon la Banque Européenne d’Investissement, réduire de 55 % les émissions de CO2 d’ici à 2030 coûterait environ 350 milliards d’euros supplémentaires par an.

L’Union Européenne a la capacité de transformer son industrie en s’intéressant à trois domaines complémentaires.

D’abord, l’Union Européenne doit travailler en étroite collaboration avec les parties prenantes (secteur privé, syndicats, régions) pour accélérer la voie de la décarbonation et le niveau d’intégration du marché unique européen dans le domaine de la durabilité. Les alliances européennes ont été un modèle de réussite, en particulier lorsqu’elles combinent le marché et les systèmes réglementaires (par exemple, dans le cas de l’initiative européenne sur les piles).

Ensuite, la politique industrielle verte a besoin d’innovation. Dans le monde, des industries traditionnellement fortes perdent du terrain au profit de jeunes entreprises technologiques. Les opportunités sont plus importantes pour ceux qui maîtrisent une présence plus « systémique » dans des secteurs comme l’approvisionnement d’énergie, les transports et la mobilité modernes, ou la production alimentaire. L’Europe doit soutenir les acteurs du marché qui fournissent le déploiement de technologies clés (par exemple, batterie, production distribuée, circularité, digital) et de nouveaux modèles économiques (par exemple, plateforme IIoT, services).

Enfin, il est important de renforcer les chaînes de valeur de l’Europe d’un point de vue international. L’Allemagne, l’Europe centrale, la Scandinavie et le Benelux tirent généralement au moins 50 % de leur PIB de l’exportation, et la production d’exportation représente également plus de 15 % des émissions de GES de l’Union Européenne.

L’Europe doit uniformiser les conditions de concurrence pour les technologies à faible intensité de carbone au niveau international.

Malgré l’ampleur et la complexité de la tâche, une industrie neutre en carbone est réalisable et offre une grande opportunité de compétitivité. Si cela est bien conduit, et d’ici à 2030, le pilier industriel du pacte vert peut contribuer à mieux reconstruire les fondations industrielles de l’Europe.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre page SM AirSeT ou contactez notre expert 

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Bonne résolution pour l’Union européenne : faire de la nouvelle cible de réduction de 55 % des GES un moteur de croissance et d’innovation https://blog.se.com/fr/gestion-de-lenergie/2021/04/02/bonne-resolution-pour-lunion-europeenne-faire-de-la-nouvelle-cible-de-reduction-de-55-des-ges-un-moteur-de-croissance-et-dinnovation/ https://blog.se.com/fr/gestion-de-lenergie/2021/04/02/bonne-resolution-pour-lunion-europeenne-faire-de-la-nouvelle-cible-de-reduction-de-55-des-ges-un-moteur-de-croissance-et-dinnovation/#respond Fri, 02 Apr 2021 11:25:34 +0000 https://blog.se.com/fr/?p=5199 L’année 2020 a été riche en événements pour l’Union européenne : un accord sur le Brexit, un plan de relance sans précédent de 750 milliards d’euros ou encore un traité d’investissement avec... Lire la suite »

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L’année 2020 a été riche en événements pour l’Union européenne : un accord sur le Brexit, un plan de relance sans précédent de 750 milliards d’euros ou encore un traité d’investissement avec la Chine. Mais peut-être que la décision la plus importante prise par l’UE a été de faire passer l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % à 55 % d’ici 2030.

L’adoption d’un objectif climatique prévoyant une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % pour 2030 est un point de non-retour dans la manière dont les questions relatives au changement climatique régissent le développement économique en Europe.

En conséquence, les institutions européennes prévoient d’élaborer une série de propositions réglementaires ambitieuses pour promouvoir le développement durable dans tous les domaines. L’UE va modifier et/ou ajouter entre 30 et 50 réglementations dans les années à venir, lesquelles auront une incidence majeure sur nos sociétés, de la conception des batteries électriques au type de subventions accordées aux agriculteurs. La législation européenne en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique devra notamment faire l’objet d’améliorations importantes.

Concrètement, cela signifie que l’UE prévoit d’éliminer presque entièrement le charbon d’ici cette date, selon les experts. [1].  Le secteur du bâtiment et de l’électricité devrait ainsi apporter la contribution la plus importante et la plus rentable pour atteindre la réduction de 55 % des émissions. L’UE prévoit de faire rénover 35 millions d’unités de bâtiments d’ici 2030.

Le plan de relance, décidé au lendemain de la première vague de COVID-19 en Europe, a pour but d’alimenter le niveau d’investissement dans ce domaine, puisque plus de 37 % des 750 milliards d’euros doivent être consacrés aux questions climatiques dans les trois prochaines années.

Toutefois, atteindre l’objectif de 55 % représente également « un défi important en matière d’investissement », avertit la Commission européenne, qui précise que les investissements dans les énergies propres devront augmenter « d’environ 350 milliards d’euros par an » pour atteindre le nouvel objectif de 2030.

Bonne résolution pour l’Union européenne : faire de la nouvelle cible de réduction de 55 % des GES un moteur de croissance et d’innovation

Le plan de relance comblera seulement en partie cet écart ; par conséquent, il sera crucial d’envoyer des signaux réglementaires associant niveau d’ambition élevé et attractivité économique pour obtenir des investissements privés massifs : « Bien comprendre les aspects économiques d’une décarbonisation poussée est essentiel pour la poursuite du processus », a affirmé sur l’un de ses blogs Simone Tagliapietra, du groupe de réflexion européen Bruegel.  S’il est exécuté correctement, le pacte vert européen pourrait entraîner un effet domino sur les autres pays du monde. C’est l’avantage du premier entrant.

Certains exemples montrent que l’Europe peut gagner la course à l’investissement en envoyant un signal politique très fort. Par exemple, par le biais des efforts conjugués des institutions européennes et des États membres, l’Europe cherche à battre l’Asie dans le domaine de la production de batteries à coups de milliards : plus de 60 milliards d’euros ont été investis en 2019, soit 19 fois plus qu’en 2018. Pourtant, aucun fabricant de batteries n’existe en tant que tel en Europe pour prendre la tête du marché mondial dans ce domaine.

En conclusion, le principal facteur de succès du pacte vert européen est de permettre de créer le type d’entreprises de haute technologie dont l’Europe a grandement besoin pour retrouver sa compétitivité. L’une des bonnes résolutions du nouvel an pour l’Europe doit être que l’objectif de réduction de 55 % des GES d’ici 2030 entraîne des investissements massifs dans des secteurs clés comme la rénovation et l’électrification des bâtiments, où l’innovation numérique est au cœur des préoccupations.

[1] Climate Analytics, 2019

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